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Le PLR bientôt sur le sable ?

A ce jour, les scientifiques ne savent toujours pas pourquoi certaines baleines choisissent de s’échouer sur le sable. Troubles neurologiques, pannes du système d’orientation, perturbations dues à la pollution des eaux, différents facteurs semblent en cause.
Demain, les politologues s’interrogeront sur les phénomènes qui ont poussé le PLR à organiser sa propre déchéance. Rarement, un parti politique suisse aura travaillé avec autant d’obstination à sa marginalisation.
Les comportements suicidaires du PLR ont débuté avec son adhésion aux principes du néo-libéralisme. « Moins d’Etat » ont crié ses élus pendant des décennies, sans se rendre compte qu’ils postulaient ainsi un « moins d’eux-mêmes », puisqu’ils tenaient en mains un système qu’ils avaient d’ailleurs créé.
Par la suite, cette limitation au champ économique s’est avérée encore trop vaste pour un parti dont les idées ne cessaient de rétrécir. Délaissant l’économie réelle, il s’est peu à peu focalisé sur la défense de la place financière. Aujourd’hui, ultime appauvrissement intellectuel, le PLR veut sauver le secret bancaire, même si les professionnels de la branche souhaitent passer à l’échange d’informations.
Certes, l’agitation de quelques platitudes tente de compenser cet asséchement programmatique. Nous sommes pour l’emploi, répètent en boucle certains élus, comme s’il existait un camp partisan du chômage. Hélas, le vide, même fébrile, reste du vide.
En fait, sous la houlette brutale et simpliste, de Philippe Müller, actuel président, l’objectif du PLR paraît être de finir dans les bras de l’UDC. Antisociaux, souverainistes, peignant une Suisse en guerre économique, qualifiant de traîtres à la patrie ceux qui osent s’écarter des réflexes nationalistes, les Radicaux n’ont désormais plus rien à envier à la droite populiste. Mieux, soucieux de ne pas s’en tenir au discours, ils se montrent ses meilleurs agents électoraux. Dans les cantons de Neuchâtel et du Valais, MM. Perrin et Freysinger doivent beaucoup à leurs efforts.
L’action politique ne peut exister durablement sans pensée, ni générosité. Parce qu’aucun idéal, aucune vision, aucun projet ne porte le PLR, sa déchéance paraît inéluctable. On ne voit pas quelle révolution interne pourrait le relancer. Ses derniers esprits libres seront étouffés par sa droitisation. Ses derniers sursauts en matière de communication ne masqueront pas son insignifiance. Qui peut sauver une baleine nageant vers le sable ?