L’initiative populaire est la danseuse étoile de la démocratie suisse. Souple, brillante, créative, omniprésente, elle fait la fierté du pays. A l’extérieur, on l’admire fréquemment, sans pour autant la connaître. A l’interne, c’est elle qui mène le bal, davantage que les élections à la proportionnelle qui ne troublent guère l’opinion. Mais cette séductrice que les partis aiment exhiber à leur bras sur la scène publique est ambiguë. Souvent, elle donne le droit d’examiner des questions pertinentes posées de bonne foi. Parfois, elle avance masquée et ses pirouettes menteuses cachent des intentions perverses. L’UDC produit quantité d’initiatives aux finalités douteuses. C’est son droit le plus strict, mais c’est aussi le devoir du citoyen d’en être conscient. En tout cas, la proposition « Pas de Suisse à dix millions » organise une tromperie dangereuse. Tout dans cette démarche sonne faux, son actualité, sa nécessité, son efficacité.
Tout d’abord, la crainte de la surpopulation étrangère n’est pas le problème d’aujourd’hui, mais un vieux fantasme helvétique. En 1900 déjà, Carl Alfred Schmid, « secrétaire des pauvres » du canton de Zurich, publie une brochure contre l’ « Überfremdung ». L’expression allait avoir le succès que l’on sait dans les années 30. On la retrouve plus tard avec les fameuses initiatives Schwarzenbach, qui seront balayées. En fait, aucune des catastrophes prédites par les xénophobes depuis des décennies ne s’est jamais produite. C’est au contraire l’attractivité de la Suisse qui l’a enrichie.
Plus grave, le danger qui menace les démocraties européennes vieillissantes n’est pas l’explosion de leur population, mais au contraire la chute de leur démographie. A terme, toutes manqueront de main d’œuvre. L’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, et même la Hongrie sont déjà en quête de travailleurs pour faire tourner leur économie. D’ailleurs, conscients du problème, mais peu gênés par l’incohérence de leurs exigences, certains élus UDC réclament des politiques natalistes.
Enfin, aucun des maux que l’initiative prétend vouloir combattre n’a la moindre chance d’être atténué par l’inscription d’un nombre magique dans la Constitution. Ni la pression sur la nature, ni la hausse des loyers, ni la mobilité, ni la criminalité ne seront modifiées d’un iota par le plafonnement à 10 millions d’habitants. Si l’objectif est de stopper la démographie, alors il convient d’organiser la fuite des entreprises et l’effondrement de l’économie suisse. L’immigration est la rançon du succès, la pauvreté la barrière contre l’arrivée de nouveaux travailleurs. Dans ses Pensées, Baise Pascal écrit que « la tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu’on ne peut avoir que par une autre ». La démarche de l’UDC illustre parfaitement ce principe. Elle propose une mesure fumeuse qui ne peut pas donner les résultats escomptés, parce qu’ils dépendent en réalité de politiques sectorielles précises. Autrement dit, elle convoque la star de la démocratie suisse et la jette dans une danse tyrannique.
Reste à dévoiler la véritable intention de l’UDC. Il s’agit une fois de plus de bloquer l’intégration européenne. En plaçant une épée de Damoclès sur la Libre circulation des personnes, elle entend péjorer les relations de la Confédération avec l’Union européenne et fragiliser l’adoption des Accords bilatéraux III. Son but n’a pas changé, augmenter son pouvoir en isolant la Suisse. Le Conseil fédéral a montré combien l’initiative menaçait la prospérité et la sécurité du pays. Elle risque de générer une crise grave dans les entreprises et les services publics, au détriment de la qualité de vie des habitants. Or, elle constitue aussi la négation d’une démocratie de qualité où le respect des citoyens l’emporte sur le cynisme. En clair, voulons-nous danser au rythme des populistes ou refuser leurs injonctions tyranniques ?
Le rêve suisse est terminé. La Confédération n’est pas un cas particulier à l’abri des dangers, ni la petite sœur préférée de l’Amérique, encore moins une entreprise dont la prospérité reposerait sur un isolement politique vertueux. Certes, les nationalistes et les néolibéraux qui ont chanté les louanges des Etats-Unis pendant des décennies tout en sabotant l’intégration européenne ne vont pas faire leur mea culpa. Mais l’opinion publique est en train d’ouvrir les yeux. La Suisse est fille de l’Europe, c’est dans son camp qu’elle doit s’inscrire.
Cette évidence fera son chemin, même si elle reste discrète. En revanche, le nouveau désordre mondial appelle des visions stratégiques claires, courageuses, mais aussi explicites et mobilisatrices. Or le Conseil fédéral est incapable d’en fournir. Très répandue, l’idée que cette lacune incombe aux personnes qui le compose est fausse. Sans doute, les fanfaronnades de la présidente Keller-Sutter se flattant d’avoir résolu l’équation Trump resteront dans les annales. On ne pouvait mieux documenter l’arrogance et l’aveuglement des notables helvétiques. Pour autant, l’inadéquation du Collège est structurelle. Le système pensé au 19ème siècle ne remplit pas les fonctions permettant de relever les défis actuels.
D’une part, l’addition de personnes provenant de partis aux objectifs drastiquement opposés sans le moindre engagement programmatique rend improbable l’émergence d’une vision commune. Et la succession d’accords ponctuels à géométrie variable ne compense pas l’absence d’un périmètre commun. Faute de pouvoir se référer à un intérêt général jamais défini, chaque ministre se replie sur son Département. Dans ce schéma, un Conseiller fédéral habile est celui qui ne quitte pas sa citadelle, sait laisser ses collègues s’égarer et n’endosse jamais les échecs du Collège.
D’autre part, l’absence d’un arbitre pouvant régler les différends et conduire dans la durée un minimum d’options communes accentue le pointillisme mental et opérationnel du gouvernement. A la faiblesse conceptuelle s’ajoutent les errances tactiques. Il s’en suit que les résultats produits par le groupe s’avèrent souvent inférieurs au potentiel de chacun de ses membres.
Au total, le système actuel ne produit pas d’effet intégrateur sur les batailles partisanes, ne limite en rien le recours à la démocratie directe devenue un instrument de marketing, ne donne aucun cap lisible à la Suisse, ne livre aucun discours rassembleur à ses habitants. Pire, son impuissance le conduit à externaliser ses responsabilités. On prie que le contexte s’améliore de lui-même. On compte sur l’engagement des individus. On s’accroche à des docteurs miracles chargés de déployer les stratégies qui ne sont pas à la portée d’un exécutif structurellement divisé.
La valeur d’une institution se mesure en temps de crise. Ses mécanismes et ses règles doivent alors tirer les personnes en fonction vers le haut. Il est temps que la Suisse dispose d’un gouvernement où l’adoption de stratégies claires et durables ne relève plus de l’exception historique, mais d’une pratique découlant de sa vocation.
Des réformes sont possibles, compatibles avec l’esprit de la Confédération. Elles sont connues. Le président du Conseil fédéral pourrait être élu par ses pairs pour la législature et avec des prérogatives renforcées. Une élection par un scrutin de listes impliquant une négociation préalable des partis constituerait un pas supplémentaire. Et rien n’empêche de s’inspirer du modèle allemand qui représente à ce jour une bonne solution pour construire une coalition gouvernementale dans un Etat fédéral.
Ce débat sera-t-il ouvert ? La Suisse se veut pragmatique. Cette vertu exige de savoir s’interroger, puis s’adapter. Elle est le contraire de l’immobilisme, ce champion helvétique trop souvent couronné sans même avoir dû monter sur le ring. En clair, miser sur un système à bout de souffle pour rebondir signifierait entrer dans une culture pérenne de la défaite.
Longtemps, l’Histoire fut douce avec la Confédération. Tolérante, elle fit de sa neutralité une convention respectée de tous. Protectrice, elle lui épargna les souffrances de deux guerres mondiales. Généreuse, elle lui permit de prospérer merveilleusement au cœur de l’Union européenne, sans devoir en partager les responsabilités.
Pour la Suisse, une règle s’est imposée, « rester locale en politique, être mondiale au plan économique ». Cette philosophie a dominé la plupart de ses attitudes. On aurait tort d’assimiler cette stratégie d’inexistence géopolitique à une faiblesse. Il s’agit au contraire de s’extraire ostensiblement des tourments du monde pour mieux y multiplier les conquêtes économiques. A l’évidence, cette posture favorise les affaires. Mais elle a d’autres vertus. Neutres, les citoyens suisses ne sont responsables de rien. Hors-jeu, ils peuvent distribuer leurs bons ou mauvais points aux Etats qui les entourent. Au balcon, ils observent les rues voisines, s’amusent ou s’inquiètent de leurs turpitudes, sans se sentir concernés.
Aujourd’hui, hélas, l’Histoire brise ce schéma confortable. Les empires prédateurs sont de retour. La Chine s’arme à grande vitesse. La Russie envahit l’Ukraine. Les Etats-Unis ménagent l’agresseur, rêvent d’annexer le Canada ou le Groenland, traitent l’Europe en adversaire, tout en lançant une vaste guerre commerciale qui n’épargne pas la Confédération.
Pour la Suisse, le choc est triple. Tout d’abord, le grand frère américain en qui elle a placé sa confiance, le champion du libéralisme devient un ogre protectionniste, susceptible de déclencher un chaos mondial. Le modèle tant aimé disparaît. Deuxième traumatisme, s’agissant des taxes douanières, le héros de toujours n’a pas mieux traité son admiratrice que l’Union européenne. Le refus d’appartenir au grand club des régulateurs n’est plus automatiquement un atout et la neutralité source de prospérité. Enfin, dernier drame, il est temps de choisir son camp. Alors que le monde libre se fracture et vacille face aux régimes autoritaires, zigzaguer en espérant échapper aux prédateurs s’avère périlleux.
Voilà la Suisse chassée du paradis. Elle vivait dans une forme d’innocence géopolitique, fermant les yeux sur les batailles des uns et des autres, cultivant paisiblement son jardin. Or, ce qu’elle croyait vertu devient péché. L’Histoire lui montre du doigt la division entre le Bien et le Mal. Elle ne peut plus ignorer les affrontements économiques ou militaires entre les démocraties et les tyrannies. Quittant son Eden, sidérée, elle éprouve soudain sa nudité stratégique. Quelle route doit-elle prendre ?
Dans l’immédiat, elle semble vouloir remonter le temps. Même si la volonté d’échapper aux taxes douanières américaines est parfaitement légitime, l’inféodation fébrile à Donald Trump dérange. On ignore ses délires proto-fascistes. On met en place une noria de lobbyistes chargés de multiplier les offres bienveillantes. On parle d’investir des milliards aux Etats-Unis. On reporte à nouveau la régulation des plates-formes numériques conformément aux injonctions du vice-président Vance. Bref, on devine la Suisse prête à tout pour redevenir la préférée de l’Amérique, bénéficiant d’un traitement privilégié.
Ces séductions ont-elles une chance de réussir ? Ou ne sont-elles que des courbettes vouées à l’échec ? L’avenir le dira. Dans tous les cas, le principe de réalité doit l’emporter sur la recherche du paradis perdu. Face à la force renversant le droit, la Confédération n’a plus d’autre choix que de resserrer fortement et sans barguigner ses liens avec l’Union. Le bonheur de n’appartenir à aucun camp s’achève. Des blocs se forment et se défient. Que leurs guerres soient transitoires ou durables, la Suisse tirée de son insouciance se retrouve profondément attachée à l’Europe, là où se joue depuis des siècles sa liberté.
La fuite des leaders du Centre devant les responsabilités gouvernementales est déconcertante. Tous semblent avoir pour ambition d’avancer en politique sans jamais entrer au Conseil fédéral, même quand la porte est ouverte. On peut imputer cette désertion aux personnes. Impossible de ne pas noter la soudaine modestie du président Pfister dont les critiques récurrentes de l’exécutif laissaient croire qu’il brûlait d’y faire valoir ses talents. On peut aussi critiquer le parti. Ses manœuvres évoquent davantage le renouvellement d’une municipalité villageoise que l’orientation de la Suisse. On peut même penser que la perspective de diriger le Département fédéral de la défense manque d’attrait. Nul ne souhaite hériter d’un bureau où les tiroirs risquent de compter autant de grenades dégoupillées qu’un champ de tir un jour d’exercice.
En réalité, ces symptômes disent un mal plus profond. La question n’est pas la difficulté de trouver des personnes adéquates pour constituer le Conseil fédéral, mais son impossibilité de former une équipe efficace et crédible quels que soient les élus qui le composent. L’addition de personnes sans programme issues de partis antagonistes a toujours constitué un « gouvernement de beau temps ». Mais aujourd’hui trois facteurs tendent à rendre ce système structurellement faible inopérant. Tout d’abord, les écarts idéologiques entre les principaux partis ont grandi. A droite, l’UDC défend une ligne europhobe, xénophobe, trumpiste, tandis que la gauche promeut une société multiculturelle et progressiste drastiquement opposée. Entre ces deux pôles, il devient impensable d’établir des compromis non seulement aux Chambres mais aussi à l’exécutif.
Deuxièmement, la prolifération des initiatives et des référendums devenus de simples instruments de marketing entrave l’émergence de politiques cohérentes. Zigzaguant entre les votations, le Conseil fédéral devient un gouvernement de contre-projet. Enfin, la démocratie numérique transforme la société en profondeur. Les corps intermédiaires se disloquent, les individus se dispersent dans une infinité de communautés autocentrées et la notion d’intérêt général disparaît au profit de multiples revendications concurrentes dont le seul point commun est l’indignation permanente. Dans cette nouvelle immédiateté et face aux colères disparates, un conseiller fédéral qui n’est pas protégé par la ligne d’un gouvernement classique n’a guère de chance de briller.
Ces évolutions ne sont pas conjoncturelles mais durables. Elles affaiblissent un collège déjà inorganique. Elles condamnent ses membres à être toujours plus seuls face aux critiques devenues plus vives au sein d’un groupe de moins en moins soudé. Sans surprise, l’attractivité d’une fonction qui pourrait bientôt ressembler à celle d’un paratonnerre diminue. Elle n’enthousiasme en tout cas pas ceux dont le courage reste modéré.
Or l’époque appelle des exécutifs européens déterminés. La Russie de Poutine conduit une guerre impérialiste à nos portes. Donald Trump sème le chaos et se moque du droit international. Avec une énergie croissante, des régimes autoritaires et des idéologies sectaires s’attaquent aux valeurs de la démocratie. Face à la dangerosité du siècle, la Suisse serait bien inspirée d’envisager une réforme de son système de gouvernement. Les modèles ne manquent pas. Il est possible d’élire le collège non plus individuellement mais par un scrutin de listes. Et rien n’empêcherait de s’inspirer des mécanismes allemands qui permettent de construire des coalitions dirigées par un Chancelier.
Hélas, rien ne se fera, la Suisse voyant dans sa vitrification sa principale vertu. Une seule solution subsiste : l’abandon de l’UDC à ses errances populistes et la définition par les autres partis d’un périmètre politique commun permettant de donner un cap au pays. Sans un tel sursaut, l’effacement du Conseil fédéral est programmé et le flottement en eaux troubles d’une Suisse sans gouvernail tristement probable.
Les sociétés sont charpentées par les institutions, mais ce sont les récits qui les cimentent. Au fil du temps, elles se donnent des mots, des images, une représentation du monde et d’elles-mêmes qu’elles entretiennent avec soin, autant pour s’unir que pour écarter les tourments. Et ces fables l’emportent souvent sur les faits. Ce phénomène trouve une splendide illustration dans la manière dont la Suisse traditionnelle évoque ses relations avec l’Union européenne.
Le premier récit est celui de l’isolement fécond. Dans ce narratif hélas très répandu, une Suisse hors de l’Union doit son succès à l’autonomie qu’elle a su préserver. Son intérêt est donc de la conserver autant que possible. Or, la réalité est inverse. D’une part, la Suisse est profondément intriquée dans les politiques européennes en raison de sa position géographique mais aussi par une multitude d’accords sectoriels. D’autre part, cette intégration constitue une clé de sa réussite.
La deuxième fable est celle de l’Europe agressive. Avec diverses déclinaisons, cette histoire raconte une Suisse loyale, toujours prête à la négociation, mise sous pression par une Union ne supportant pas son indépendance. En fait, rien n’est plus faux. En 1992, la Suisse dit non à l’EEE, puis court à Bruxelles demander l’accès au grand marché qu’elle vient de refuser. Conciliante, l’Europe accepte l’idée d’accords bilatéraux, solution transitoire avec celle qui se présente en futur membre du club. Mais après avoir engrangé ce dont son économie avait besoin, la Suisse renoncera à l’adhésion, puis torpillera l’accord-cadre censé compenser cette défection. Autrement dit, loin d’être une victime de la machinerie bruxelloise, la Suisse a obtenu un large accès au marché européen, mais n’a toujours pas rempli les obligations institutionnelles qui en découlent.
Aujourd’hui, un troisième récit vient alourdir ces narratifs. C’est celui d’un peuple si sourcilleux de son indépendance que la moindre concession faite aux Européens l’indignerait. Dans ce schéma, l’opinion est en mains des nationalistes. Pour leur plaire, on introduit en dernière minute une clause de sauvegarde dans les actuelles négociations. Pour les devancer, on fait de l’initiative UDC « pas de Suisse à dix millions ! » un cri du peuple dont la prise en compte l’emporte sur le destin de la Confédération. Pourtant, à nouveau, les faits disent le contraire. Des sondages répétés ont montré que la majorité des Suisses souhaite une relation stable avec l’Union européenne. Ni l’adhésion, ni la rupture, telle est la vision des citoyens. Aptes aux compromis, ils semblent prêts à normaliser la relation européenne, moins par enthousiasme d’ailleurs que par gain de paix.
Il n’existe pas de société sans histoires, ni de fable innocente. Aujourd’hui, la Suisse est malade de récits fallacieux qui menacent sa prospérité. Dès lors, pourquoi sont-ils si peu combattus ? Le drame est que ces représentations viciées ont aussi une vertu : elles servent de prétexte aux leaders politiques pour ne pas s’engager. De leur point de vue, mieux vaut ne pas intervenir tant que le climat n’est pas favorable. Dans leur optique, ce n’est pas le moment de corriger les fables toxiques. Autrement dit, le récit des réussites européennes n’existe pas, ni même celui d’une impérative solidarité avec l’Union alors que la guerre fait rage à ses portes.
Et dans ce vide, l’attitude du Conseil fédéral reste la plus grande source d’inquiétude. Ses contradictions et ses divisions interrogent. A-t-il la volonté de conduire un scrutin européen au succès ? Ou bien se contentera-t-il de livrer aux Chambres le résultat des négociations en laissant les parlementaires gérer la suite des opérations ? Montera-t-il au front durant la campagne? Ou bien invoquera-t-il le respect de la démocratie pour ne pas se battre tout en certifiant avoir rempli son mandat?
Tonitruant, son silence d’aujourd’hui fait craindre sa passivité demain. Qui tient les mots fait l’Histoire, qui se tait la subit.