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Le peuple dit ses quatre vérités à l’UDC

Aberrante, l’initiative dite d’autodétermination proposait aux citoyens de casser le modèle suisse dans quatre domaines existentiels. Aujourd’hui, effet boomerang amplement mérité, l’UDC reçoit des réponses cinglantes à ses propositions délirantes.

Non, les Suisses ne veulent pas d’un monde à la Trump, où seule compte la loi du plus fort. Oui, ils croient aux vertus des Traités, du droit international et des coopérations aux échelles plus vastes que la nation.

Non, les Suisses ne veulent pas que les droits fondamentaux puissent être affaiblis, même par une initiative populaire. Oui, ils pensent que la dignité humaine doit être garantie et que la Convention européenne des droits de l’homme joue un rôle clé dans cette protection.

Non, les Suisses ne veulent pas l’isolement du pays. Oui, ils sont lassés du sabotage insensé de relations avec l’Union européenne, qui doivent pouvoir se développer de manière cohérente et féconde.

Non, les Suisses ne veulent pas que la démocratie directe soit sacrée, toute puissante, juchée au-dessus des autres institutions. Oui, ils défendent un système équilibré, où la Justice, le Conseil fédéral et les Chambres fédérales puissent remplir leurs fonctions de manière efficace et sereine.

La netteté avec laquelle le peuple a lancé ces réponses à la face de l’UDC la laisse ko sur le ring. Au vu de cette défaite à plus de 65%, on est en droit d’espérer un peu de clarté et de courage politiques.

Le Conseil fédéral serait bien inspiré de ne plus trembler devant l’UDC et d’abandonner ses tactiques de repli nationaliste, qui déconsidèrent la Suisse. Le PLR gagnerait à ne plus s’inscrire régulièrement dans le sillage des populistes. Quel avantage peut-il y avoir à rester à la remorque d’un navire qui met le cap sur les icebergs ?

Mais pour les citoyens, la manière la plus sûre d’engranger les bénéfices de leur décision du 25 novembre est encore de faire les bons choix lors des prochaines élections fédérales. En 2019, il sera utile et juste de passer du refus de la destruction de la Suisse à celle, trop longtemps différée, de l’UDC.